lundi 3 septembre 2012

Question/Réponse n°1


Aujourd’hui, mes collègues m’ont inspirées le thème du jour en me posant plein de questions à l’heure du déjeuner… Les sujets sont variés, et je les traiterai au fur et à mesure. La plupart concerne l’apnée en profondeur, le poids constant.

La question/réponse du jour :
      - Faut-il faire des paliers de décompression en remontant d’une apnée en profondeur ?

Non.
Lorsqu’un apnéiste descend en apnée en poids constant, il n’a pas besoin de respecter les fameux « paliers » qui sont le lot des plongeurs en bouteille dès qu’ils plongent à plus de 20m.

Pourquoi ?
Car les paliers sont issus d’un calcul entre la profondeur et la durée d’immersion. Pour faire simple, plus en va profond et plus on y reste longtemps, plus on devra faire des paliers. Le risque pour le plongeur bouteille qui ne respecte pas cette procédure est, ce que l’on appelle, un « accident de décompression (ADD)», qui peut être très grave.
Un palier est un arrêt de la remontée, avant d’atteindre la surface, pendant une durée donnée en fonction des paramètres de la plongée. En général, à -3m de la surface pendant 3 minutes minimum (mais ça peut être beaucoup plus long… !).
Un apnéiste fait une plongée profonde, mais d’une durée au fond très réduite. Il ne s’y attarde pas et remonte immédiatement. Le calcul ne donne alors pas de palier à faire. De toute façon, vous imaginez bien qu’un apnéiste en fin d’immersion, qui a déjà retenu son souffle pendant 2, 3 ou 4 minutes, ne va pas s’arrêter aussi près de la surface… il a tout de même envie et besoin de respirer !

Pour les plus curieux, un peu plus de détail :
Plus on évolue profond, plus les pressions partielles sont élevées et plus les tissus de l’organisme se « saturent » en gaz (ceux contenu dans l’air respiré ou stocké dans les poumons dans le cas de l’apnée) qui passent de la circulation sanguine vers les muscles, les graisses, etc. Il s’agit donc, pendant le palier, d’évacuer, par la respiration, les gaz dissous pendant l’immersion.

Néanmoins, étant donné les « grandes profondeurs » atteintes désormais par les apnéistes (au-delà de 80, 90 voire 100m), ils doivent être très prudents et ne pas répéter les descentes d’entraînement à ces grandes profondeurs au cours d’une même séance, ou d’un même jour, car l’effet est cumulatif. En effet, les fameux gaz dissous dont j’ai parlé, s’accumulent tout de même dans l’organisme. En quantité insuffisante pour causer un problème sur une descente, mais ils mettent plusieurs heures à disparaître totalement du corps. Donc, si on répète l’apnée en profondeur sur une courte période, le risque devient non-négligeable !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire