L’image couramment véhiculée par
l’apnée est qu’il s’agit d’un sport individuel. Je ne vais pas vous expliquer
qu’il s’agit d’un sport EN équipe comme le sont le handball ou le foot ;
mais il s’agit d’un sport D’équipe où l’apnéiste seul ne vaut rien et ne peut
rien faire. Bien sûr, pendant la performance, on est seul avec nous-même,
concentré sur toutes les sensations visuelles, sonores, physiques, dues à l’augmentation de la pression de l’eau,
dues à l’arrêt de la ventilation, etc. mais une bonne plongée ne se gagne pas
seul !
Pourquoi ? Pour une première
raison qui est celle de la sécurité. La règle numéro un (valable aussi pour les
plongeurs en bouteille ou les chasseurs sous-marins) est de ne JAMAIS pratiquer seul ce sport. Je reviendrai
sous peu sur les aspects de sécurité en apnée, qui sont primordiales ; j’y
consacrerai donc un article complet.
La raison suivante que j’avancerai,
est que l’apnée se gagne en étant pleinement confiant et donc relaxé au moment
de la préparation, de l’immersion, pendant la progression sous l’eau, et jusqu’au
retour à la surface. Beaucoup de paramètres interviennent dans ce sentiment
très personnel et il est délicat d’expliquer l’ensemble des aspects qui entrent
en jeu dans une plongée en apnée. Cette confiance s’établit notamment par la
connaissance que l’on a de soi, de la performance que l’on s’apprête à
réaliser, de l’habitude acquise par la répétition des entrainements, de la
gestion du stress de la compétition, du lieu où l’on pratique (à « domicile »
c’est toujours plus confortable !), des conditions météo du moment, etc.
Mais cette confiance repose aussi et principalement sur les personnes qui vous
entourent à ce moment-là. Si vous les connaissez, que vous êtes habitués à
plonger avec, que vous savez comment ils assureront votre sécurité pendant la
plongée, alors vous mettez une bonne partie des facteurs extérieurs de côté et
pouvez plonger détendu et donc plus fort.
Ensuite, comme je vous l’ai
indiqué dans un article précédent, une année sur deux les championnats du monde
sont en équipe (comme cette année), en alternance avec les championnats
individuels.
Le total des points de l’équipe
est calculé sur la somme des 3 épreuves (statique, dynamique, poids constant) exécutées
par chacun des 3 membres de l’équipe. 9 résultats en tout.
Un athlète ne tentera pas la même
performance dans le cas d’un championnat par équipe qu’en individuel. S’il
tente d’atteindre une profondeur qu’il ne maîtrise pas parfaitement, il prend
le risque de perdre des points (pénalités pour non-respect de l’annonce) ou
pire de ne pas « valider » sa performance et, dans ce cas, de rapporter
un zéro pointé pour son équipe. Cela suffit à faire perdre une médaille ! Quoi
de plus frustrant et culpabilisant ? Le rôle de l’équipe et du coach qui l’accompagne
est de connaître les forces et les faiblesses des coéquipiers (et des équipes
concurrentes) et de faire les annonces suffisamment hautes pour gagner des
points, sans pour autant, prendre des risques trop importants. On réalise alors
un résultat pour l’équipe et non pour soi et lorsque le cumul des points de l’équipe
vous amène sur un podium mondial… les moments d’émotion et de joie qui en
découlent sont fantastiques.
Sur ce point, je vous renvoie
vers l’article tout récent mis en lien dans la rubrique « médias » ;
http://spoportivement.blogspot.fr/2012/09/mondiaux-dapnee-par-equipe-realiser-ses.html
Je pourrais continuer sur ce
sujet encore longtemps et vous raconter par exemple la joie incroyable de
chacun des français l’an dernier lors de la victoire (en individuel pourtant) d’un
des membres de l’équipe nationale… ! Et en 2008 lors de la victoire des
hommes en équipe. Bref, restons-en là.
Vous ai-je convaincu ? J
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