lundi 17 septembre 2012

Samedi 15 septembre : dernier jour, classement final et podium



Samedi matin 8h j’ai rendez-vous au bord du bassin de 50m pour assister à la troisième et dernière épreuve du championnat : l’apnée dynamique.
Nos principales concurrentes, les japonaises ont toutes les 3 annoncé 1m, pour être sûres de passer dans les 1ères séries. La première s’élance à 8h08 et réalise une belle apnée avec 150 mètres. Série suivante à 8h16, côte à côte, les 2 autres nippones prennent une dernière inspiration et ressortent, l’une à 175m, l’autre à 189m ! Avec le sourire s’il vous plaît. Résultat incontestable, elles le savent et savourent dans les larmes de joie leur 1ère place du classement. Elles sont indétrônables et les flashs crépitent pour immortaliser leurs sourires, partagés par toute l’équipe japonaise, athlètes masculins, remplaçants et coaches ; beaucoup d’émotions pour ce début de journée.
S’enchaînent ensuite toutes les 8 minutes, quatre départs simultanés.
Les françaises valident en beauté leurs 3 performances avec respectivement : 125, 150 et 176 mètres ; 3 cartons blancs qui valent chers car cela nous place sur la 2ème place du podium ! C’est la première médaille féminine pour la France dans l’histoire de ce sport récent. Séquence émotion et cris de joie ; nous passons toutes à l’eau !
Restent nos 3 athlètes hommes ; le stress est fort car le podium est en jeu ! Guillaume Néry parcourt 175m : premier soulagement pour l’équipe, car le spécialiste des profondeurs (multi-recordman du monde et champion du monde en poids constant) redoute un peu cette épreuve. Il faut ensuite patienter jusqu’à la dernière série pour le passage simultané des 2 autres français. Seuls en lice, alors que tous les autres compétiteurs ont terminé leur effort, ils sont sous les caméras et les regards de tous les spectateurs… ils nagent pour une médaille…  argent ou or selon le résultat. Plusieurs virages plus loin, les jeux sont faits, avec tout de même 210 et 227 mètres, ils finissent vice-champions du monde, comme les filles, avec l’argent autour du cou…
La déception est forte d’avoir échoué si près de l’or, mais nous savourons tout de même cette grande première : un doublé français en championnat du monde !
Suivront les podiums et la remise des prix.
Puis, la cérémonie et la soirée de clôture du championnat. Musique, applaudissement, embrassade et… fiesta.

C’est fini. Pas simple de dire au revoir à tout le monde, aux équipes des 35 pays en compétition cette année. Nous nous reverrons l’an prochain si les résultats permettent d’être sélectionné pour le championnat individuel qui aura lieu en Grèce en septembre 2013 !

J’espère que cette semaine au championnat du monde d’apnée vous aura plu !
Merci à tous de vos encouragements.

Merci à AkuoEnergy et à mes collègues pour leur soutien !
Apnéistiquement,
Solenn.
La joie des japonaises en OR.
Guillaume à 3min de ses 175m.
Alice : 150m et le sourire.
Départ de la dernière série : les 2 français côte à côte

Les équipes françaises médaillées d’argent !
Les équipes françaises médaillées d’argent !

Le podium complet : Côté femmes : Japon > France > Serbie  /  Côté hommes : Croatie > France > Rép. Tchèque

Debrief rapide: 2 médailles d'argent!!!

Les derniers jours ont été très remplis et je n'ai absolument pas pu vous donner des nouvelles. Je suis rentrée à Paris hier soir tard avec plein de souvenirs et d'émotions...
Alors un mini message maintenant pour vous dire l'essentiel:

Nous sommes médailles d'ARGENT!!!!! Les filles comme les garçons terminent sur la 2èm place du podium du championnat du monde!!!

Plus de détails sur l'épreuve du dynamique de samedi, les podiums, etc. dans la soirée.

Bonne journée.

vendredi 14 septembre 2012

Avant-dernier jour : statique



Avant dernier jour de compétition !
L’épreuve de statique s’est déroulée ce matin. Le 1er top officiel était à 8h, les athlètes ont 45 minutes d’échauffement, vous comprendrez donc que le réveil, comme les autres jours d’ailleurs, a été très matinal !
2 des 3 garçons ont ouverts le bal dans la même série, et, le stress faisant son effet, ils n’ont pas aussi bien réussi qu’ils l’escomptaient. Ceci dit, ils remplissent leurs contrats avec de jolis cartons blancs (6’37’’ et 6’42’’) ; c’est l’essentiel sur cette épreuve où 5 longues secondes ne rapportent qu’un seul petit point. Il ne fallait surtout pas aller à la faute et se rapprocher trop de ses limites personnelles. C’est aussi la stratégie du côté des filles. Assurer au maximum les résultats, sortir loin de ses propres records, pour être sûr de ne pas perdre des points.
Contrats remplis également pour les 2 premières filles : 4’58’’ et 4’15’’ (temps approximatifs, les résultats officiels ne seront affichés que dans la soirée). Reste alors, à 10h30, seulement 1 gars et 1 fille pour notre équipe.
Le stress est très communicateur et nous tremblons et retenons notre souffle pendant que Sophie se détend et patiente 6 minutes et 11 secondes avant de sourire aux juges et d’obtenir le 3ème carton blanc : quel soulagement ! Frédéric Sessa passe dans l’avant-dernière série à 13h28 précise et réalise une très belle performance avec 7’05’’ ! Ouf, on laisse retomber un peu la pression et les sourires apparaissent enfin sur les visages des coaches, remplaçants et athlètes.
Mais, vite, c’est déjà la course, il faut faire les annonces pour la dernière épreuve, celle de dynamique, qui se déroulera demain dans un beau bassin de 50m. Les calculs et les stratégies se peaufinent par rapport aux scores relevés dans la matinée des différents pays concurrents…
14h, c’est fait, les annonces sont dans la boîte et détermineront l’ordre de passage des athlètes demain. Pour les français, l’or semble pour l’instant très difficile à obtenir… il faut se concentrer pour conquérir l’argent… Pour les françaises, les japonaises, premières de la compétition, ont confirmé leur rigueur et leur haut niveau. Nous sommes donc toujours virtuellement sur la 2ème marche du podium… la journée de demain sera déterminante !!!
Pour les plus impatients, les infos seront disponibles en fin de journée demain, sur le site du championnat : http://aida-worldchampionship.com/fr/la-competition/results
Et pour la mise à jour du blog ce weekend, je ne vous promets rien, car le rythme risque d’être soutenu toute la journée, puis avec le(s) podium(s) – y serons-nous ? Affaire à suivre.
Alice et son coach
les juges, chronométreurs, caméraman, etc.

jeudi 13 septembre 2012

Carton plein pour le poids constant !



Bonjour à toutes et à tous,
Je reprends les infos du championnat en vous annonçant qu’hier après-midi j’ai réalisé un nouveau record personnel lors de l’entraînement en piscine, sur l’épreuve du dynamique (la plus grande distance ; avec la monopalme ; la durée ne compte pas). Jusque là, ma meilleure perf était de 120m ; hier, j’ai fait exploser ce résultat en atteignant 143m !!! Le travail répété sur plusieurs détails techniques (virage, lestage, mouvement d’ondulation) a porté ses fruits ! Très heureuse ! Ce qui fait 2 nouveaux « PB » dans la même journée (comprenez "Personal Best"; et oui, c'est un championnat du monde, ici on parle anglais - entre autres-) …car le matin même, j'avais enfilé ma combinaison pour un entraînement d'apnée statique dans la piscine de l'hôtel et après un court échauffement, réalisé un nouveau record personnel en retenant ma respiration pendant 5 minutes et 5 secondes! Que du bonheur!

Du côté de l’équipe maintenant, la matinée était très attendue, car aujourd’hui s’achevait l’épreuve en mer du poids constant et nous avions 4 Français en lice. J’ai le grand plaisir de vous annoncer que toutes les performances ont été validées avec succès ; 4 cartons blancs décernés par les juges de la compétition ! Les conditions météo étaient pourtant très précaires et l’organisation a dû modifier les horaires de passage et interrompre l’épreuve avant la fin pour cause de vent trop fort (synonyme de vagues et de courant : dangereux pour les apnéistes). Tout est ensuite rentré dans l’ordre en milieu de journée. Le stress était palpable, voire très présent, ce matin pour les athlètes et leurs coachs… mais les annonces maîtrisées ont payé.
Ça nous fait donc un carton plein pour les hommes comme pour les femmes ; respectivement : 114+91+65 = 270 points et 76+71+51 = 198 points.

La deuxième « bonne » nouvelle côté fille, c’est (malheureusement pour elle) l’échec de la russe, recordwoman du monde de la discipline (et des autres aussi d’ailleurs). L’une de nos principales équipes rivales finit donc loin derrière pour cette première épreuve ! Ne nous réjouissons pas trop tôt, car il reste encore 2 épreuves, donc 6 performances à valider, mais les chances de podium augmentent !
A demain pour le débriefe de l’épreuve d’apnée statique.
Morgan Bourc'his (gch) et son coach Cyril Paulet (dte)
Les 2 apnéistes françaises du jour: Alice Modolo (gch) et Sophie Jacquin (dte)
Sophie sur la ligne officielle à quelques secondes du "top officiel"!

mercredi 12 septembre 2012

article dans Le Parisien

http://www.leparisien.fr/sports/iledefrance/comme-un-poisson-dans-l-eau-11-09-2012-2159487.php

Paru le 11/09/12.
Bonne lecture!

mardi 11 septembre 2012

Vidéos sous-marines

2 vidéos de moi faites ce matin lors d'une sortie "explo" (c'est-à-dire: juste pour le plaisir, sans recherche de la profondeur maximale).

et deux liens vers une vidéo et un reportage sur la perf à 114m de Guillaume Néry:
  • http://www.youtube.com/watch?v=j9TtHZUxE-Y
  • http://www.nicematin.com/nice/videole-nicois-guillaume-nery-plonge-a-114m.987561.html

1ers résultats pour les français

Aujourd'hui c'était le 1er jour d'épreuve pour les français. Deux superbes performances pour ouvrir la voie au reste de l'équipe: Guillaume Néry a plongé à -114m de profondeur et Aurore Asso à -76m (nouveau record de France), sous l'objectif des caméras de nombreux médias présents. Les conditions étaient, une fois de plus, parfaites : sans vague, ni courant; ce qui aurait pu perturber les athlètes durant leur épreuve. Nous avons vibré avec eux à l'heure de leur passage et sommes tous très heureux de partager leur joie.
Après avoir passer la matinée dans l'eau loin des cordes de performance, simplement à profiter de belles descentes dans l'eau de la rade de Villefranche, nous partons cet après-midi à la piscine, pour un entraînement d'apnée dynamique. Pas le temps de souffler!
Les autres équipes ont également fait de beaux résultats, mais certaines erreurs d'hier dans les équipes qui sont nos principales concurrentes, nous donnent espoir de conquérir une médaille.
Demain, pas de plongées officielles, il faudra que les 4 autres français attendent jeudi. Nous irons donc en équipe faire une petite rando dans l'arrière pays niçois.
matinée dans l'eau pour le plaisir

entraînement statique d'hier matin

lundi 10 septembre 2012

Photos & Vidéo du Championnat

Photo de l'équipe de France au grand complet lors du défilé des nations (09/09/12)

L'équipe féminine 2012 (de gch à dte : Aurore Asso, Marie Devanlay, Solenn Launay, Sophie Jacquin, Alice Modolo)

Villefranche s/Mer: défilés des nations, avant la cérémonie d'ouverture en présence du maire, du CG, et du président d'AIDA International)
34 pays représentés au championnat du monde cette année (sur 47 enregistrés auprès de la fédération AIDA Intl)
plateforme et bateaux de l'épreuve de poids constant (profondeur en mer)
plateforme officielle et corde d'échauffement
Remontée en poids constant (à voir en vertical bien sûr...)
Pour que vous compreniez bien: en t-shirt blanc c'est l'apnéiste de sécurité qui attend à la remontée. Il est rejoint à la fin par un 2ème. Les 2 sécu accompagnent l'apnéiste durant la dernière phase de l'apnée, là où la sécurité doit être la plus présente.

dimanche 9 septembre 2012

dimanche 09/09

Entraînement en mer ce matin, le dernier avant les épreuves officielles. J'ai réalisé une descente à 60 mètres! Très heureuse. Il s'agit de ma meilleure performance. J'égale mon record perso de l'an dernier.... en entraînement, je vous l'accorde, mais quand même!
Cet après-midi: défilé des athlètes haut en couleurs et cérémonie d'ouverture : super ambiance!
Promis demain je mets des photos et des vidéos... là je viens juste d'avoir un accès Internet.

vendredi 7 septembre 2012

Ici Villefranche s/Mer!

Le championnat commence demain...
Je suis arrivée sur place hier soir. Premier entraînement en mer ce matin dans des conditions de rêve! Mer plate, chaude. Une petite descente d'acclimatation à 56m.
Cet après-midi nous partons avec l'équipe à la piscine pour une séance de dynamique. Je vous raconterai!
Bonne lecture, l'article du jour sur la sécurité est un peu long... mais c'est crucial pour nous.
A bientôt.

La sécurité en apnée



Au-delà des images de paix et de sérénité, de relaxation et de plaisir qui sont primordiales dans la pratique de l’apnée, pour profiter totalement du bonheur d’être dans l’eau il faut garder à l’esprit que nous évoluons dans un univers qui n’est pas le nôtre. S’abstenir de respirer pour évoluer sous la surface ne peut se faire qu’au prix d’un respect strict des règles liées à la sécurité.
La sécurité en apnée est la préoccupation numéro 1. Une fois tous les éléments vérifiés pour s’assurer que tout est réuni pour que la plongée en apnée se passe bien, l’apnéiste peut alors se préparer, se concentrer sur sa descente, sur son objectif, l’esprit tranquille.

En quoi consistent les mesures de sécurité en apnée ?
La règle numéro 1 valable pour tout type d'apnée (et même pour tout type de plongée: bouteille, chasse sous-marine...) est de ne jamais plonger seul !


Parlons d’abord de la discipline de profondeur, le poids constant. Elle se déroule en mer, et c’est elle qui requiert le plus de précautions et pour laquelle la logistique est la plus lourde.
Contrairement à l’idée reçue que j’entends souvent, non, il n’y a personne qui vous attend « en bas ». Pas de plongeurs en bouteille au fond. Ça a été le cas dans le passé, mais ce n’est désormais plus du tout appliqué. En effet, les profondeurs atteintes, depuis 10 ans environ, sont trop importantes pour la plongée en bouteille. Ce serait beaucoup trop dangereux pour eux de plonger aux mêmes profondeurs que les apnéistes. Il leur faudrait respirer des mélanges spécifiques (et non plus de l’air comprimé) pour rester suffisamment longtemps et suffisamment profond et ils seraient soumis à faire des paliers de décompression interminables.
Donc, pas de plongeurs en bouteille qui vous regardent descendre et sont prêts à intervenir au cas ou… ou quoi d’ailleurs ? Une fois « en bas », parvenu à la profondeur qu’il avait annoncé, l’apnéiste se trouve à mi-chemin du parcours total qu’il est sensé réaliser. A 50% du temps de l’apnée, il est inconcevable qu’à la moitié de son effort, il puisse déjà avoir atteint un état de fatigue tel qu’il serait incapable de remonter. Il faut donc concentrer la sécurité sur la fin de l’apnée, la dernière phase de la remontée (de -20m à la surface surtout).

Mais alors comment savez-vous qu’il est temps de s’arrêter pour être sûr d’atteindre la surface ? Ma réponse à cette question fréquente est : à force d’entraînements et de répétitions. La progression en mer est très lente. On ne commence pas du jour au lendemain l’apnée en plongeant à 40 ou 50 mètres de fond. Au début, on découvre l’activité et on atteint un petit 20 mètres, plein de satisfaction et d’envie d’aller plus loin. Puis on ajoute 2 ou 3 mètres. La progression peut être relativement rapide, mais se fera toujours par petits pas. Ensuite, on ralentit. Peut-être répètera-t-on plusieurs fois des descentes à la même profondeur, pour être sûr de la maîtriser et d’être « accoutumé » à la pression subie.
Donc, le jour où l’on « tente » une profondeur inconnue, elle est forcément proche d’une déjà atteinte. On sait alors que la remontée fait partie de ce que l’on sait faire.

La connaissance de soi, de ses capacités (ne parlons pas de limites… le but est de toujours les repousser !) est le premier élément de sa propre sécurité !
Ensuite, vient tout un tas d’autres éléments qui permettent de maîtriser les risques.
Mais de quels risques parle-t-on ?
Surtout d’un, celui de la syncope. De quoi s’agit-il ?
La syncope est une perte de connaissance qui peut survenir lorsque l’organisme est en hypoxie, c’est-à-dire, en manque d’oxygène. Il se « protège » alors en arrêtant toute activité secondaire (effort musculaire, etc.).
En toute fin d’apnée, lorsqu’il est proche des performances maximales déjà atteintes, l’apnéiste rentre dans une phase difficile où le manque d’oxygène et l’envie de respirer peuvent devenir trop grands et entraîner une perte de connaissance. Le risque tient au fait que cette syncope survient sous l’eau. La reprise ventilatoire qui suit ne doit pas se produire sous l’eau, sinon, c’est la noyade ! La noyade, comme conséquence de la syncope, est le risque principal contre lequel il faut se prémunir. La prévention de ce risque est assurée par des « apnéistes de sécurité » (1 ou 2 pour chaque descente) qui rejoignent l’apnéiste sur la fin de sa remontée. Ils finissent ensemble les 20 derniers mètres qui le séparent encore de la surface, afin de pouvoir intervenir en cas de faiblesse ou de perte de connaissance. Maintenir la personne la tête hors de l’eau et lui enlever son masque suffit généralement à provoquer la reprise ventilatoire. Les moyens de secours présents à bord du bateau (oxygène médical, VHF pour prévenir les secours, plan d’évacuation, etc.) sont là en complément, mais servent heureusement extrêmement rarement.

Pour les épreuves en piscine, le risque de syncope est le même, mais il est un peu plus facile à gérer car le bord du bassin n’est jamais loin, et l’eau peu profonde. Les apnéistes de sécurité sont, en permanence, proches de l’athlète et prêts à intervenir au moindre signe pré-syncopal.

En mer, d’autres éléments contribuent à la sécurité de l’apnéiste. Tout d’abord, le câble de performance. La corde que l’on suit, qui sert de repère visuel et limite la plongée à la profondeur prédéfinie à l’avance par l’apnéiste, est un moyen de contrôler que la personne ne va pas se « perdre », être entraînée par le courant parfois puissant. A chaque descente nous sommes reliés à cette corde par une « longe » (similaire à un leash de surf), une petite corde assez rigide de 1 m de long seulement. Elle relie notre poignet, ou cheville, à la corde par un mousqueton qui coulisse le long du câble tout du long de la plongée. Interdiction formelle de l’enlever sous peine de sanction par le juge. Cette longe fait partie de l’équipement personnel que nous avons. Elle est testée par les juges avant le début de la compétition pour en vérifier la solidité. Autre élément de sécurité, depuis quelques années maintenant, qui a été rajouté sur les bateaux où nous nous entraînons : un sondeur qui permet de suivre la progression de l’apnéiste à chaque instant. Il repère les formes présentes sous l’eau et indique leur profondeur. On voit donc apparaître une courbe en V sur l’écran : descente/remontée. C’est un atout important pour être sûr d’intervenir rapidement et à bon escient.

L’ultime moyen mis en œuvre pour la sécurité des plongées très profondes (en général pour celles à plus de 90m), est le contrepoids. Il s’agit de relier le câble de performance à un système de poulies et de lest. En lâchant le frein qui retient le lest, cela permet de faire remonter très rapidement l’ensemble du câble et l’apnéiste qui y est relié par sa longe. Ce système est mis en place pour tous les championnats du monde et pour les compétitions en mer, mais son utilisation n’est, bien sûr, pas commune !

jeudi 6 septembre 2012

Interview

J-3 !
Il est minuit, c'est le grand jour! Ce soir je prends le train pour rejoindre les membres de l'équipe, déjà sur place à Villefranche s/Mer, depuis quelques jours. Je retrouverai aussi un bon nombre d'athlètes internationaux déjà rencontrés lors des précédentes éditions. J’ai hâte de revoir cette joyeuse troupe, d’échanger avec tous sur notre passion commune. Hâte aussi de palpiter de nouveau pendant la semaine du championnat ! Les épreuves se succèderont, accumulant leur lot de succès et de déceptions (pas pour les français, je croise les doigts !!!), et les pronostics se resserreront alors progressivement, jusqu’à la dernière épreuve qui finira de départager les nations… l’apnée dynamique.

À noter : Pour ceux qui prendraient le blog en cours, je vous conseille de lire en premier les articles situés en bas de la page d’accueil, puis de remonter progressivement, dans l’ordre chronologique des articles. En effet, j’ai donné une bonne partie des explications sur l’apnée, les différentes disciplines et le championnat dans les 1ers articles publiés la semaine dernière.

Pour info : Ma soirée de mercredi a été notable car j'ai répondu à une interview pour le journal Le Parisien. 1h20 de conversation. Article à paraître mardi prochain 11 septembre.  Si vous avez l'occasion de le lire... 
Vous comprendrez alors que la rédaction de l'article du jour n’est pas aussi longue que d'habitude. Pour y palier un peu, je vous propose de mettre un peu d’interactivité dans ce blog et de vous y faire participer. Aujourd’hui, je vous demande de formuler vos questions sur l’apnée au travers de la rubrique « commentaires » de cet article. J’y répondrai alors par un thème « Questions/réponses » tel qu'utilisé précédemment.
Merci d’avance de vos contributions, il n'y a pas de questions bêtes, jetez-vous à l'eau !

mercredi 5 septembre 2012

L’apnée un sport d’équipe ?


L’image couramment véhiculée par l’apnée est qu’il s’agit d’un sport individuel. Je ne vais pas vous expliquer qu’il s’agit d’un sport EN équipe comme le sont le handball ou le foot ; mais il s’agit d’un sport D’équipe où l’apnéiste seul ne vaut rien et ne peut rien faire. Bien sûr, pendant la performance, on est seul avec nous-même, concentré sur toutes les sensations visuelles, sonores, physiques, dues à l’augmentation de la pression de l’eau, dues à l’arrêt de la ventilation, etc. mais une bonne plongée ne se gagne pas seul !

Pourquoi ? Pour une première raison qui est celle de la sécurité. La règle numéro un (valable aussi pour les plongeurs en bouteille ou les chasseurs sous-marins) est de ne JAMAIS pratiquer seul ce sport. Je reviendrai sous peu sur les aspects de sécurité en apnée, qui sont primordiales ; j’y consacrerai donc un article complet.

La raison suivante que j’avancerai, est que l’apnée se gagne en étant pleinement confiant et donc relaxé au moment de la préparation, de l’immersion, pendant la progression sous l’eau, et jusqu’au retour à la surface. Beaucoup de paramètres interviennent dans ce sentiment très personnel et il est délicat d’expliquer l’ensemble des aspects qui entrent en jeu dans une plongée en apnée. Cette confiance s’établit notamment par la connaissance que l’on a de soi, de la performance que l’on s’apprête à réaliser, de l’habitude acquise par la répétition des entrainements, de la gestion du stress de la compétition, du lieu où l’on pratique (à « domicile » c’est toujours plus confortable !), des conditions météo du moment, etc. Mais cette confiance repose aussi et principalement sur les personnes qui vous entourent à ce moment-là. Si vous les connaissez, que vous êtes habitués à plonger avec, que vous savez comment ils assureront votre sécurité pendant la plongée, alors vous mettez une bonne partie des facteurs extérieurs de côté et pouvez plonger détendu et donc plus fort.
Ensuite, comme je vous l’ai indiqué dans un article précédent, une année sur deux les championnats du monde sont en équipe (comme cette année), en alternance avec les championnats individuels.
Le total des points de l’équipe est calculé sur la somme des 3 épreuves (statique, dynamique, poids constant) exécutées par chacun des 3 membres de l’équipe. 9 résultats en tout.
Un athlète ne tentera pas la même performance dans le cas d’un championnat par équipe qu’en individuel. S’il tente d’atteindre une profondeur qu’il ne maîtrise pas parfaitement, il prend le risque de perdre des points (pénalités pour non-respect de l’annonce) ou pire de ne pas « valider » sa performance et, dans ce cas, de rapporter un zéro pointé pour son équipe. Cela suffit à faire perdre une médaille ! Quoi de plus frustrant et culpabilisant ?  Le rôle de l’équipe et du coach qui l’accompagne est de connaître les forces et les faiblesses des coéquipiers (et des équipes concurrentes) et de faire les annonces suffisamment hautes pour gagner des points, sans pour autant, prendre des risques trop importants. On réalise alors un résultat pour l’équipe et non pour soi et lorsque le cumul des points de l’équipe vous amène sur un podium mondial… les moments d’émotion et de joie qui en découlent sont fantastiques.
Sur ce point, je vous renvoie vers l’article tout récent mis en lien dans la rubrique « médias » ; http://spoportivement.blogspot.fr/2012/09/mondiaux-dapnee-par-equipe-realiser-ses.html
Je pourrais continuer sur ce sujet encore longtemps et vous raconter par exemple la joie incroyable de chacun des français l’an dernier lors de la victoire (en individuel pourtant) d’un des membres de l’équipe nationale… ! Et en 2008 lors de la victoire des hommes en équipe. Bref, restons-en là.
Vous ai-je convaincu ? J

lundi 3 septembre 2012

Question/Réponse n°1


Aujourd’hui, mes collègues m’ont inspirées le thème du jour en me posant plein de questions à l’heure du déjeuner… Les sujets sont variés, et je les traiterai au fur et à mesure. La plupart concerne l’apnée en profondeur, le poids constant.

La question/réponse du jour :
      - Faut-il faire des paliers de décompression en remontant d’une apnée en profondeur ?

Non.
Lorsqu’un apnéiste descend en apnée en poids constant, il n’a pas besoin de respecter les fameux « paliers » qui sont le lot des plongeurs en bouteille dès qu’ils plongent à plus de 20m.

Pourquoi ?
Car les paliers sont issus d’un calcul entre la profondeur et la durée d’immersion. Pour faire simple, plus en va profond et plus on y reste longtemps, plus on devra faire des paliers. Le risque pour le plongeur bouteille qui ne respecte pas cette procédure est, ce que l’on appelle, un « accident de décompression (ADD)», qui peut être très grave.
Un palier est un arrêt de la remontée, avant d’atteindre la surface, pendant une durée donnée en fonction des paramètres de la plongée. En général, à -3m de la surface pendant 3 minutes minimum (mais ça peut être beaucoup plus long… !).
Un apnéiste fait une plongée profonde, mais d’une durée au fond très réduite. Il ne s’y attarde pas et remonte immédiatement. Le calcul ne donne alors pas de palier à faire. De toute façon, vous imaginez bien qu’un apnéiste en fin d’immersion, qui a déjà retenu son souffle pendant 2, 3 ou 4 minutes, ne va pas s’arrêter aussi près de la surface… il a tout de même envie et besoin de respirer !

Pour les plus curieux, un peu plus de détail :
Plus on évolue profond, plus les pressions partielles sont élevées et plus les tissus de l’organisme se « saturent » en gaz (ceux contenu dans l’air respiré ou stocké dans les poumons dans le cas de l’apnée) qui passent de la circulation sanguine vers les muscles, les graisses, etc. Il s’agit donc, pendant le palier, d’évacuer, par la respiration, les gaz dissous pendant l’immersion.

Néanmoins, étant donné les « grandes profondeurs » atteintes désormais par les apnéistes (au-delà de 80, 90 voire 100m), ils doivent être très prudents et ne pas répéter les descentes d’entraînement à ces grandes profondeurs au cours d’une même séance, ou d’un même jour, car l’effet est cumulatif. En effet, les fameux gaz dissous dont j’ai parlé, s’accumulent tout de même dans l’organisme. En quantité insuffisante pour causer un problème sur une descente, mais ils mettent plusieurs heures à disparaître totalement du corps. Donc, si on répète l’apnée en profondeur sur une courte période, le risque devient non-négligeable !

samedi 1 septembre 2012

Historique personnel

J-8 !
Les athlètes du monde entier commencent à arriver sur place à Villefranche s/Mer et Nice.
A cette heure-ci dans une semaine, la cérémonie d'ouverture du championnat du monde aura eu lieu...

Il est temps que vous en appreniez un peu plus sur mon chemin personnel dans ce sport et sur mes résultats dans chacune des disciplines.

Pour la partie "historique", je vous laisse aller voir dans l'onglet du même nom.
Pour les résultats, les voici:

  • Résultats personnels en compétition par discipline :
Poids constant : -58 m (mer - 2011)
Poids constant sans palme : 32 m (mer - 2007)
4 min 55 sec. en apnée statique (piscine - 2012)
120 m en apnée dynamique (piscine - 2012)